Discours prononcé le 2 juin 2012 à la manifestation de la CLASSE

3 06 2012

Mes sœurs, mes frères, camarades de classe et camarades des rues,

Ça fait 110 jours qu’on marche sur un chemin de crête. Ça fait 110 jours de cris, de pleurs, de sang, d’encre et de sueur. Ça fait aussi 110 jours de poèmes, d’analyses, de discussions, de réflexions et d’actions. Ça fait 110 jours, pis il en faudra bien plus que 110 autres pour nous faire plier.

Avec leur sortie de la table de négociation, les pouvoirs politiques en place au Québec nous ont montré l’étendue de leur échec. Et il est grand temps qu’ils nous écoutent. Si l’on prétend agir au nom du peuple, entre les banquets à Sagard et les après-midis Parc Molson, il ne peut y avoir qu’un seul choix.- Mais y’a plus que ça. Nous ne sommes pas rassembléEs aujourd’hui simplement pour demander à un premier ministre, à un parti politique ou un autre, de prendre des décisions en notre nom, à notre place. – Nous sommes le peuple. Et nous reprenons le pouvoir qui nous appartient.

Ça fait trop longtemps que certaines choses au Québec nous glissent entre les mains, que nos acquis collectifs reculent et que nos gouvernement patinent. Dans le fond, le problème que nous avons devant nous aujourd’hui, c’est un problème de démocratie. D’un côté, le Parti Libéral du Québec, qui fréquente toutes sortes de grandes personnes, qui est financé par elles et qui prend des décisions qui leur font bien plaisir. C’est pas mal drôle, ce sont toujours de grands oligarques, des entrepreneurs en construction, des gens de l’industrie du gaz et du pétrole, mais jamais, à-travers tout ça, nous ne sommes consultéEs. Et soulevez la dalle : ça grouille dans le monde municipal aussi. La question qu’il faut se poser, aujourd’hui, c’est «comment arrêter tout ça ?»

La légitimité, c’est nous qui l’avons. Parce que nous nous exprimons maintenant, clairement; pas une fois à tous les 4-5 ans, dans un système de vote pourri qui donne la majorité à un parti choisi par 24% de l’électorat. Du côté étudiant, nous avons opté pour la démocratie directe, et c’est que qui nous a montré à quel point les choses sont différentes lorsque les décisions sont prises à la base, par nous. À certains endroits, les casseroles deviennent des assemblées populaires. Le mot circule. Car, contrairement à ce qu’en disent certains soi-disant «commentateurs» de droite, notre mouvement n’est pas né dans les grandes centrales syndicales ou dans les cerveaux machiavéliens de supposéEs «leaders», il est né dans des salles de classe, a grandi dans les Assemblées générales, s’est constitué dans de grandes manifestations et appelé la rue. Et la rue lui a répondu.

Et, quand on se rappellera de ce moment de notre histoire, il ne s’agira pas seulement d’une grève étudiante, pas seulement d’un mouvement populaire, pas seulement de grandes manifestations; on s’en rappellera comme d’une grande rupture. C’est une rupture entre un gouvernement et son peuple, une rupture entre les intérêts économiques d’une minorité et ceux de la population, une rupture entre 2 mondes : celui de l’atomisation et celui de l’universalité. Mais, en fait, cette rupture existait déjà. Notre mouvement l’aura simplement rendue visible pour tout le monde. On en parle, désormais. Et on en parlera encore longtemps.

On en parlera longtemps, parce que nous aurons montré que la population étudiante n’est pas une simple clientèle, nous aurons montré que le Québec n’est pas une réserve de gaz, nous aurons montré que notre population n’est pas une réserve d’outils pour les entreprises, nous aurons montré que notre Nord n’est pas un open bar pour compagnies minières. Nous aurons montré que nous sommes un peuple et que nous nous tenons debout.

Aujourd’hui, la terre tremble de nous-mêmes

Aujourd’hui, ce sont les possibles qui s’ouvrent

Et aujourd’hui, nous savons dans quelle direction nous allons

Publicités

Actions

Information

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s




%d blogueurs aiment cette page :